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Pour vous proposer les meilleurs services,  Auto Classica Capital Partners, fondée par Patrice JACQUELIN, est conseillée par les services d’experts grâce à son partenaire exclusif, GT Label dirigée par Laurent Koczincki.

Voiture de collection : Quand passion et investissement se rejoignent (13/04/2016)

Depuis quelques années, le marché de la voiture de collection concurrence le marché des œuvres d’art. Une tendance qui risque de durer et qui s’explique notamment par l’excellent investissement que représentent les voitures d’exception. Patrice Jacquelin, chef d’entreprise et grand collectionneur de voitures anciennes, a lancé en janvier 2016 un fonds d’investissement dédié aux voitures de collection. Il partage avec nous sa passion et sa vision du marché.

Verspieren Clientèle Privée : Vous avez récemment créé un fonds baptisé Auto Classica1. Comment ce projet est-il né ?

Patrice JacquelinP. J. : Je suis un collectionneur qui roule avec ses voitures, ce qui me donne souvent l’occasion de discuter de ma passion avec des amis mais aussi des personnes que je croise. Ils me questionnent, me disent qu’ils ont envie de s’acheter eux aussi un véhicule d’exception mais qu’ils ne parviennent pas à sauter le pas. C’est à partir de ces discussions que m’est venue l’idée de créer un fonds, pour proposer à ces personnes de rentrer en tant que souscripteur. C’est ensuite le fonds qui acquiert les véhicules de collection. Nous organisons des événements, sur circuit par exemple, pour permettre aux souscripteurs de conduire ces fabuleuses voitures, de faire leur éducation, mieux comprendre le marché… et quand ils sont prêts, ils se lancent dans une première acquisition, personnelle cette fois-ci. Bien sûr, au-delà de l’aspect passion, il y a un volet financier. Les véhicules que nous acquérons seront vendus au bout de 5 ou 6 ans et si le marché se maintient tel qu’il est aujourd’hui, nous aurons un retour sur investissement très satisfaisant.

V.C.P. : Selon vous, pourquoi observe-t-on depuis quelques années un engouement pour les véhicules de collection ?

P.J. : Deux choses peuvent expliquer ce phénomène. Tout d’abord les convergences qui existent, selon moi, entre les voitures de collection et l’art. Tous les deux sont le fruit d’un processus créatif. Ils ont été façonnés par l’esprit et la main de l’homme. Tout comme les tableaux ou les sculptures, les voitures anciennes sont rares. Ces dernières ont souvent été produites en petites séries : quelques centaines de pièces seulement, voire moins. Et nous savons que la rareté attise l’intérêt et bénéficie souvent d’un rayonnement international.  D’autre part, je pense que l’on porte aujourd’hui un nouveau regard sur les voitures et qu’il y a un réel changement de valeur par rapport à ce bien.

V.C.P. : Quel est ce changement dans la perception de la voiture ?

P. J. : Il y a encore 30 ou 40 ans, la voiture était un mythe. Nous étions à l’apogée de l’industrie automobile avec des évolutions technologiques incroyables, des styles très divers, des performances qui faisaient rêver. Et la voiture avait aussi une connotation statutaire. Or depuis une dizaine d’années, la voiture a perdu de son aura. On le voit très bien avec les jeunes générations qui ne possèdent pas, pour la majorité, de voiture. Les nouveaux modèles économiques comme l’économie de partage ont complètement modifié la valeur attribuée à la voiture. C’est un objet dont on a seulement besoin de façon ponctuelle. Nous sommes davantage face à  une valeur d’usage qu’à une valeur de possession. Nombreuses sont aujourd’hui les personnes qui louent des voitures pour une heure à des services spécialisés ou à d’autres particuliers. Néanmoins, ces mêmes personnes considèrent les voitures de collection comme de véritables œuvres d’art. La voiture moderne est pratique alors que la voiture ancienne est admirée, contemplée pour sa forme, son design, sa motorisation, sa conservation et souvent parce qu’elle a une histoire. C’est tout ce qui fait son charme. Savoir que son propriétaire a été une célébrité ou qu’elle a un pedigree en courses automobiles suscite l’admiration.

V.C.P. : Peut-on considérer que les voitures anciennes sont aussi un investissement financier ?

P. J. : Les années passées ont montré une forte augmentation de la valeur des véhicules. Il y a de plus en plus de collectionneurs avertis aux quatre coins du monde. La compétition entre les potentiels acquéreurs étant importante, cela impacte nécessairement le prix des véhicules. Le marché des voitures anciennes fabriquées en grande série (4L, Coccinelle…) n’est pas en reste. Bien qu’elles soient moins rares, de nombreux passionnés les restaurent et elles possèdent une valeur intéressante. Certaines 2 CV valent plus de 50 000 euros. Donc oui, on peut considérer les voitures anciennes comme un investissement financier gagnant, leur valeur a peu de chances de dégringoler. Cependant cela reste un marché raisonnable : lorsque le véhicule est en parfait état, le vendeur a la main sur la négociation tandis que pour une voiture sur laquelle il faudra faire des réparations, la négociation du prix est davantage possible.

V.C.P. : Comment a débuté votre passion pour les voitures anciennes ?

P. J. : C’est grâce à mon frère. Il y a plusieurs années, il a acquis une vieille DS et j’ai tout de suite accroché. J’ai commencé à lire quelques revues spécialisées pour me renseigner et je me suis lancé sans trop m’y connaître. La première voiture que j’ai achetée était une Jaguar. Cela a été un coup de chance, celle du débutant, car je suis tombé sur un modèle en parfait état. Cette première expérience positive et le bonheur de pouvoir rouler dans une voiture d’exception m’ont rapidement motivé à en acheter une seconde. Cependant, j’avais conscience qu’il me fallait rencontrer un spécialiste de voitures anciennes pour, d’une part, acquérir plus de connaissances sur les voitures de collection, et d’autre part, pouvoir faire entretenir ces voitures qui demandent un savoir-faire particulier. J’ai rencontré le patron de GT Label qui m’a formé, m’a raconté un tas d’anecdotes, l’histoire des marques… il m’a transmis le virus des passionnés de voitures anciennes et depuis j’étoffe ma collection.

V.C.P. : Quels sont vos modèles préférés ?

P. J. : J’ai une passion pour les modèles GT des années 60-70 qui me rappellent ma jeunesse. J’apprécie la diversité des formes que proposaient les designers à l’époque, ils n’avaient pas peur de l’extravagance. Je regrette que cela ne soit plus le cas aujourd’hui. Je suis également fan de leur performance en termes de motorisation, de vitesse… ces modèles ont permis de franchir un cap. Tout particulièrement des marques comme Ferrari,  Lamborghini ou Maserati qui illustrent l’apogée de l’industrie automobile italienne à cette période. Leurs modèles ont marqué les esprits avec de nombreuses courses mythiques à leur palmarès et des acteurs qui ont été photographiés ou filmés au volant de ces petites merveilles.

V. C. P. : Quels conseils donneriez-vous à une personne qui souhaite acheter sa première voiture de collection ?

P. J. : Avant tout achat, il faut participer à des rassemblements automobiles, qui vont fleurir au printemps dans toutes les régions de France,  pour éduquer son goût, poser des questions aux collectionneurs. Il faut ensuite rencontrer un professionnel, un restaurateur de voitures anciennes est l’idéal. En effet, une première acquisition ne doit pas se faire sur un coup de tête et uniquement sur l’aspect extérieur du véhicule. Il faut savoir prendre son temps et se faire conseiller par un vrai connaisseur. Il faut également avoir en tête que les voitures de collections nécessitent un certain entretien et des réparations qui peuvent s’étaler sur plusieurs mois. Les carnets de commande des spécialistes  sont souvent remplis bien à l’avance . Prudence et patience sont donc de mise mais c’est aussi ce qui fait tout le charme de ces objets d’exception, à entretenir et à conduire avec soin.

Interview de Laurent Koczincki